Sunday, June 24, 2012

Egypte: Les frères musulmans au pouvoir, et après ?



La journée du dimanche 24 juin serait sans doute une journée historique, au sens positive pour certain, beaucoup moins pour d’autre !

En effet, cette journée du 24 juin a vu la proclamation de Mohamed Morsi le représentant des frères musulmans comme nouveau président de l’Egypte avec  un score d’un peu plus de 51 % ce qui veut dire que ça était très serré de battre son concurrent le Poulin de l’armée, l’Ex général Ahmed Chafik.

Mais la question qui se pose naturellement est avec quelles conditions l’armée a laissé les frères musulmans gagner !? De même, on se demande bien quels sont les garanties que les nouveaux dignitaires de l’Egypte du moins officiellement on offert aux puissances étrangères à savoir les Etats-Unis et leur protégée l’entité sioniste !?

Fini l’ère de l’opposition, le moment de gouverner est là ! Ceci étant dit, les besoins du peuple Egyptien en matière d’emploi, de logement, et de pouvoir d’achat qui sont très importants et les quelques sourates (versets) ajouté à cela un discours religieux populistes sont loin de tout régler ! Alors les fils de Benna seront-ils répondre aux besoins de la population !? Ou vont-ils s’égarer dans des préoccupations et des sujets rétrogrades et futiles tel que les rapports sexuels avec des épouses mortes, ou le mariage avec des filles mineurs, sans parler de la fameuse « Jizia » (une sorte de taxe) payé par les Egyptiens qui ont d’autres confessions que la confession musulmane.

Mais pour nous le commun des mortels, on aimerait bien savoir quel effet aura ce passage forcé des frères musulmans sur notre pays l’Algérie !? Qui disons le, connait une sorte d’hibernation sur tous les plans, avec des élections législatives qualifiées d’historiques mais qui n’ont même pas conduit à un changement de gouvernement !.

Il faut préciser qu’un échec des gouvernements islamistes ou du moins la difficulté de l'exercice du pouvoir dans les pays du printemps arabe sera suivis d’un œil amusé, et un sourire radieux de la part des faussaires qui nous gouvernent, mais il serait aussi judicieux de le souligner, qu’un tel échec serait comme porter un coup mortel à nos islamistes que précisons le ont perdu tout le soutient de la population suite aux péripéties de la décennie noir ! Ce qui serait à court et moyen terme pour notre population un signal fort que les deux courants que ça soit le système actuel (avec sa tendance islamiste) ou les islamistes tout court, ne seront jamais la solution !

Ce qui nous pousse vers la nécessité de préparer une alternative dès aujourd’hui,  cette alternative se doit être jeune et vraiment à l’image de notre population et non un choix entre la peste ou le choléra comme celui à qui était confronté la population Egyptienne.



DZ Du Coeur

Monday, June 18, 2012

Indignons nous !

La constitution de la République Algérienne Démocratique et Populaire stipule que :

“Les libertés fondamentales et les droits de l’homme et du citoyen sont garantis.
Ils constituent le patrimoine commun de tous les Algériens et Algériennes, qu’ils ont le devoir de transmettre de génération en génération pour le conserver dans son intégrité et son inviolabilité.” Art. 32

“La liberté de conscience et la liberté d’opinion sont inviolables.” Art. 36 

“Les libertés d’expression, d’association et de réunion sont garanties au citoyen.” Art. 41

“Le droit syndical est reconnu à tous les citoyens.” Art. 56

“Les conditions de vie des citoyens qui ne peuvent pas encore, qui ne peuvent plus ou qui ne pourront jamais travailler, sont garanties.” Art. 59

La constitution du pouvoir hégémonique Algérien stipule que : 

" Les articles de la constitution de la République Algérienne Démocratique et Populaire ne sont que des paroles en l'air, et cette constitution on la violera quand cela nous arrange et quand on le veut et on l'appliquera contre qui et quand on le veut " Art. - 64 

" Tous les pouvoir sont entre nos mains, pourvoir législative, exécutif ainsi que la justice " Art - 13

" cette Algérie n'a pas des citoyens qui ont des droits et des devoirs mais elle a des sujets qui ont des devoirs mais pour leurs droits c'est à voir au cas par cas est ce que cela ne nuit pas a notre hégémonie " Art. - 44

Triste est cette Algérie en ce 18 juin 2012, dans cette Algérie tu risques d'être emprisonné à n'importe quel moment, et pour n'importe quel motif, en cette Algérie qui se dit faussement démocratique et encore moins république, ni populaire d'ailleurs, le président est devenu Roi avec des mandats illimités, les ministres sont devenus intouchables avec un ministre de l'éducation ou plutôt de l'abrutissement qui est en poste pendant plus de 20 ans ! et les élus de tout bords se prennent pour des princes.

Demain le 19 juin est une date historiquement triste non seulement pour un certain 19 juin synonyme du coup d'Etat de Boumediène, mais ce 19 juin 2012 est une hantise de plus dans les anales de la justice Algérienne qui n'a de juste que le nom ! Demain de jeunes militants des droits de l'hommes vont être jugé pour un crime inimaginable ! leur seule tord est de soutenir un certain "Kharba Abdelkader" lui même incriminé pour avoir soutenu les greffiers en grève de la faim ! A ces militants qui sont en nombre de quatre (4) et qui sont Yacine Zaid, Abdou Benjoudi, Othmane Aouameur, Lakhdar Bouzini on leur reproche "Incitation à attroupement non armé", la bonne blague me dites vous ? Ceci est pourtant la réalité de notre justice ! 

Mes concitoyens "Incitation à attroupement non armé" cela dans notre langage est synonyme de soutenir des causes justes par des moyens pacifiques. Quel danger pour ce pouvoir autoritaire ! Oui cela est un grand danger pour ce pouvoir qui depuis son début ne fait que diviser pour mieux régner, alors imaginez si nous citoyens Algériens on se solidarise et on se mobilise pour toutes les causes justes dans notre propre pays, cela ne peut pas être vu comme le début d'un changement par les racines de ce régime !? Cela ne peut pas être interpréter comme le début de la fin à nos malheurs causé par cette secte qui nous gouverne !?

Pour ceux qui ont encore la fibre de la révolte, pour ceux de nos concitoyens qui ont encore le sens de l'injustice et ont toujours la capacité de dire non à ce régime autoritaire, on vous donne rendez vous demain le 19 juin vers 13h30 devant le tribunal de Bab El Oued pour un Sit-in ou dans le langage de nos dirigeants, on vous donne rendez vous à un dangereux " attroupement non armé ! " ... Osons nous indigner ! indignons nous! .
Dz Du Coeur

Monday, May 14, 2012

La fin d’une mascarade qui a assez durée



Ce jour du 14 mai, je dis haut et fort ’’ENFIN’’ ! La mascarade électorale est ‘’ENFIN’’  terminée ! Après tant d’harcèlement de la population par leurs compagnes de propagande à la sauce stalinienne, après tant d'intimidation de la société civile et de toute voix opposante, après l'utilisation de la religion que ça soit par des ‘’fatwas’’ rendant obligatoire le vote pour les croyants, ou encore de la part du ministre des Affaires Religieuses et des Wakfs qui a traité ceux qui boycottent ces élections d’hypocrites et de tous les noms d’oiseaux , après avoir fait jouer le spectre de l’intervention étrangère par le biais de l'OTAN, et après une fraude qui a été signalé par un grand nombre des partis politiques participant à cette mascarade, la liste reste longue, très longue même !

En effet, après toute cette compagne que je qualifierai de grossière et de honteuse, et sans même vous parler du champ politique qui était resté fermé près de 20 ans et que les nouveaux partis n’ont été agréés qu’à 3 voir 2 mois de ce machin dit ‘’d’élections législatives’’, où on a même assisté à la manipulation de notre histoire en qualifiant ces élections d’historiques et en l’assimilant au premier novembre 54 !
Bref, malgré toute cette mascarade le grand gagnant reste l'abstention avec une part de plus de 57% des inscrits, si on ajoute à cela les non inscrits, les bulletins blancs, et les bulletins nuls, ce chiffre sera beaucoup plus important et il avoisinera voir dépassera les 70 % facilement !

J’éviterai de commenter les 220 sièges prit par le FLN, car sans garantir l’égalité des chances et la transparence en amont, le résultat en aval n’à point d’importance, sauf celui d’essayer de comprendre ce que veulent les vrais décideurs en Algérie.

Comme le souligne judicieusement M. Maamar Farah : "Nous retiendrons deux chiffres : le corps électoral global compte 21 664 348 électeurs. Le nombre de votants a atteint 9 313 186, soit un taux de participation de 42,90% (avec un record de bulletins nuls). Autrement dit, la majorité des Algériens a dit "non" au vote, "non" au Premier Novembre débarquant un dix mai, "non" à l’appel du président de la République, "non" au système, "non" aux partis ! Voilà la réalité, voilà la vérité ! A vous d’en tirer les conclusions".

Mes compatriotes point de repos,  éteignez vos téléphones, éteignez vos télés, une nouvelle compagne de propagande va bientôt recommencer,  les élections présidentielles sont proches et les tractations pour le futur président de la "république" vont ou ont déjà commencé, la survie de tout un système en dépend !

Dz du Coeur

Wednesday, May 9, 2012

Bouteflika : Un discours déconnecté de la réalité



En regardant le discours ou bien juste un extrait du discours du Président Bouteflika ce 08/05/2012 à Sétif, ça m’a  poussé à me poser quelques questions et j’ai eu le sentiment que notre président ne vit pas vraiment dans le même pays que nous, on dirait qu’il a un décalage avec la réalité du pays.

En effet, ce qui m’a marqué dans ce discours à part les applaudissements et l’appel à un 4ème mandat qui est sur réaliste, c’est le fait que le président a tenu un discours où il y avait des incitations au vote (l’objet même du discours) mais il y avait aussi d’autres citations qui m’avaient marqués tel que le fameux « Jili tab jnanou » (en quelques sortes, ma génération ne peut plus rien apporter au pays) ou encore le « ach man araf kadrou » (vive celui qui connait ses limites) … etc.

Donc par les fameuses citations qui sont « jili tab jnanou » et le « ach man araf kadrou », je dirai que cela est beau à entendre certes, mais en n’ayant pas la mémoire trop courte je me dis aussi que si son excellence est vraiment conscient que « vive celui qui connait ses limites »  alors pourquoi avoir changé la constitution en 2009 qui limitait les mandats présidentielles à deux seulement et avoir brigué un troisième mandat ? Le mandat que je qualifierai de trop pour ne pas dire autre chose ! Est ce que vous avez vraiment compris vos limites monsieur le président ? Est ce que vous avez vraiment compris qu’il y a des choses qu’on doit respecter entre autre la constitution ? Est ce que vous savez que dans une république démocratique et populaire en plus il nous faut de l’alternance ? Bref, on est loin de ce constat malheureusement.

Ensuite son excellence s’adresse à la jeunesse en disant qu’elle doit prendre ses responsabilités et ainsi prendre la relève que ça soit au sein d’associations, de mouvements ou même au sein des partis politiques, mais monsieur le président ou comme vous aimez entendre, son excellence savez vous ce qui se passe vraiment dans votre propre pays !? Savez vous  par exemple que des jeunes qui ont organisent un rassemblement pacifique sont tout le temps arrêtés et traités comme des voyous par vos force de répression ?  Savez vous que même des vieilles femmes dépassant les 70 ans étaient aussi arrêtés ? Savez vous qu’un manifestant (cas Kherba Abdelkader) a été arrêté et mis en prison et a risqué trois ans d’incarcération pour un simple sit-in !? Savez vous que vos serviteurs font tout pour casser la société civile ? Connaissez-vous au moins le nouveau code des associations qui est plus que liberticide ? … Et la liste aux atteinte à nos libertés reste malheureusement longue très longue même ! 

Alors dans de telles conditions comment osez-vous demander à la jeunesse et à la société civile en générale que vos subalternes matraquent jour et nuit, de prendre ses responsabilités ? Comment osez-vous appeler la jeunesse à prendre la relève or sur le terrain tout est fait pour la casser, pour la dissuader et pour l’humilier ? Ces conditions sont là pour qu’il n’ya pas d’autre alternatif à ce pouvoir ou a ses islamistes qui utilisent la religion, notre religion à des fins purement politiques !

Ensuite, Son excellence brande dans son discours le danger extérieur et les forces du mal qui guettent l’Algérie, pour ce passage je dirai que ce discours à force d’être répété, il devient lassant, usé et n’a presque plus d’effet sur la population ! Je dirai plutôt qu’à défaut de convaincre, on menace et on fait peur !   

Certes on ne peut nier les dangers extérieurs mais le premier danger c’est le danger qui nous vient de l’intérieur, trop de corruption, trop d’injustice, trop de bureaucratie, le chômage et si on ajoute à cela la répression et le sabotage de la société civile et de l’opposition qui est presque inexistante, alors cela nous mènera à l’explosion si  rien n’est fait à temps !

Revenons un peu a son fameux « djili tab jnanou », cette citation a mon avis a une importance capitale, car son excellence sait qu’il n’a plus le temps ni la force de rester au pouvoir après 2014, alors veut il dire par cela qu’il y aura une surprise ? Tel que des élections présidentielles anticipées ? Peut être même une constituante ? Surtout avec le taux record d’abstention qui est attendu demain le 10 mai ! Est ce qu’on va s’attendre a une vraie volonté de changement et que ça soit en profondeur ? De ma part j’en doute ! Mais luttons pour que cela arrive par des moyens pacifiques et gardons espoir !

DZ du Coeur

Tuesday, May 8, 2012

Faire peur à défaut de convaincre


Si les Algériens n’iront pas voter, l’Algérie sera attaquée de l’étranger. Des chasseurs bombardiers et des armes électroniques sont prêts à l’assaut. C’est du moins le scénario catastrophe que nous prédisent Ahmed Ouyahia et Abdelaziz Belkhadem.
D’autres politiques plus au moins proches du premier et du deuxième cercles du pouvoir répètent qu’«un complot» se trame quelque part. Faire peur aux Algériens pour les contraindre à aller voter le 10 mai pour désigner un Parlement a marqué largement la campagne fade qui s’est achevée dimanche. Le Premier ministre s’est distingué par un discours alarmiste tellement recyclé qu’il est devenu ennuyeux. Pour le chef du RND, une forte abstention au scrutin prochain pourrait amener «une ingérence» étrangère. Rien que ça.
En 2007, les législatives avaient été marquées par une large abstention (plus de 65%), mais l’Algérie n’a subi pourtant aucune agression venue au-delà des frontières. Elle garde toujours sa place dans la géographie du monde. A l’époque, ni Ouyahia, ni Belkhadem, ni Bouguerra, ni aucun autre relais amplificateur du pouvoir n’ont crié au scandale. A l’époque, il était «fortement» recommandé de décrédibiliser le Parlement pour que l’autorité présidentielle soit dominante, envahissante. Réduire l’APN à presque rien était un autre moyen d’imposer la loi «suprême» de l’Exécutif. Aujourd’hui, on ne se rend même pas compte que la représentation nationale a été neutralisée en raison justement de ce «jeu» malsain. La dernière législature n’a rien fait pour demander des comptes aux gouvernements et au chef de l’Etat, rien fait pour enquêter sur les grosses affaires de corruption, sur les détournements de fonds, sur la dépendance de la justice, sur la faillite de l’école, sur l’absence de perspectives économiques… L’APN votait les lois et c’est tout. Elle a profondément déçu les Algériens. Abdelaziz Ziari, président de l’Assemblée sortante, s’est illustré par des déclarations agressives et sans teneur intellectuelle. Alors comment demander aux Algériens de renouveler une expérience qui a échoué ?
La future APN sera-t-elle réellement représentative ? Va-t-elle initier des lois et les faire adopter comme elle l’entend ? La majorité qui va sortir des urnes aura-t-elle la liberté de désigner son gouvernement, ses ministres ? Il suffit de 30% de suffrages exprimés pour que le Parlement soit élu. Alors, pourquoi toutes ces idées noires qu’Ahmed Ouyahia propage au point de susciter des inquiétudes au sein de la population et auprès des partenaires étrangers de l’Algérie ? Le Premier ministre et le système qu’il représente n’ont pas aimé le Printemps arabe. Voir les dictatures chuter comme des feuilles mortes un soir d’automne ne peut pas leur plaire. Réduire les populations arabes, qui se sont soulevées contre les régimes oppresseurs, à des poupées manipulées est répugnant. Aussi, a-t-on décidé quelque part de mener une campagne contre… le changement politique. Ceci est déjà une curiosité à étudier en sciences politiques, surtout que le discours dominant de la campagne électorale des autres acteurs de la scène nationale fut la nécessité d’introduire des changements pour au moins donner un peu de consistance à un processus dit de «réformes politiques».
A ce niveau-là, une question devient inévitable : peut-on logiquement convaincre les Algériens d’aller aux urnes en leur promettant les terres givrées du statu quo ? Si la théorie de la peur, comme celle du chaos, recrute des adeptes dans les régimes les plus fermés, en Algérie, elle ne fait plus recette. Durant ces vingt dernières années, les Algériens auront goûté à tout. Ils sont devenus insensibles aux discours d’hommes politiques qui ne voient pas que derrière leur dos, on raconte des blagues et on se moque d’eux. Mais, face à des lumières aveuglantes, ils ne se rendent compte de rien. Pour eux, le monde est toujours rose tant que le mensonge prendra les couleurs de l’arc-en-ciel… jusqu’à la prochaine averse.
Fayçal Métaoui

Source : EL WATAN

Monday, May 7, 2012

[Revue de presse] Tunisie : l'UE conditionne l'octroi de financements à des garanties aux médias




L'Union européenne conditionne le versement de fonds à la Tunisie à la mise en oeuvre de deux décrets organisant le secteur des médias, a annoncé lundi l'ambassadeur de la Commission européenne à Tunis.

"Des fonds de 100 millions d'euros de l'UE, ainsi que des financements de bailleurs comme la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale ne seront débloqués qu'après l'application des décrets 115 et 116 relatifs au secteur des médias", a déclaré Adrinaus Koetsenruijter.

Ces textes avaient été proposés par l'Instance indépendante chargée de reformer l'information et la communication (Inric) qui a dénoncé récemment leur blocage par le gouvernement dirigé par les islamistes dans un contexte de tensions avec les médias.

Source: LCI

Comme quoi rien n'est gratuit !

[Revue de presse] Donnez-moi le salaire de Cheikh Aboubakr Djaber Djazaïri


par Kamel Daoud

Selon l'agence presse- service, l'APS, l'imam de Médine vient d'appeler les Algériens à voter en masse. La raison ? On le lui a demandé, d'ici, et il s'appelle Cheikh Aboubakr Djaber Djazaïri. Du coup, à cause d'un nom flou, qui ressemble à un pseudonyme, ce bonhomme croit avoir le droit d'écrire une lettre et de «s'adresser au peuple algérien», relayé par cette agence publique. Et, d'un coup la colère. N'ont-ils pas honte ces gens qui ne vivent pas chez nous et qui nous appellent à voter de Médine, ou à rentrer en Algérie «parce qu'il n'y a plus rien à faire en France» pendant que eux y vivent et y scolarisent leurs enfants ? De quel droit cet homme à qui rien ne nous relie vient-il nous donner des leçons en politique ? Cheikh Aboubakr Djaber Djazaïri vit-il en Algérie ? Non. Achète-t-il ses pommes de terre ici, avec l'argent d'ici, comme le peuple d'ici ? Non. Cet homme vit en Arabie Saoudite, s'y fait payer et y a son salaire et ses conforts et pourtant cela ne l'empêche pas de fatwatiser sur commande pour booster les élections chez nous. C'est d'ailleurs la triste misère : on importe tout, même les avis d'autrui sur nos affaires. L'imam qui a son avenir prospère en Arabie, nous appelle à voter pour en avoir un ici chez nous. Le bonhomme qui ne vit pas chez nous, ni lui, ni ses enfants, appellent les Algériens à soutenir le «dirigeant et moudjahid Abdelaziz Bouteflika, l'homme de la réconciliation nationale» comme s'il s'agissait d'une chanson. L'homme qui ne sait rien de nous, croit tout savoir de notre avenir, de nos émeutes, de nos attentes, de nos luttes, de nos patiences ou de nos colères. L'homme qui vit dans une mosquée, a son avis sur tout un pays de plus de 2 millions de km².

Et c'est triste de voir que les nôtres en sont arrivés à nous prendre pour des brebis : au lieu d'appeler à la raison et à la confiance, ils en sont à recruter des bergers pour nous «guider» sur le chemin de l'urne. Comme faisaient les monarchies du Moyen-âge européen avec le Pape et Rome. Une fatwa «civile» dite par un homme qui vit dans un pays où on ne vote pas et qui nous appelle nous à voter, chez nous. Un homme qui vit dans un pays où on coupe la main, on interdit aux femmes de conduire, où l'obsession est celle du ventre et où l'illégitimité politique s'est faite par le vote de l'épée et de la tuerie et où la seconde industrie est celle de l'argent des pèlerins et pas celle de l'effort. Un homme qui vit dans un pays où la demande de liberté est qualifiée de fitna et le droit d'un peuple à disposer de lui-même est dite une hérésie.

Triste de voir qu'on nous fait importer des Chinois pour la main d'œuvre et des imams pour les idées et la légitimité que nos aînés ont obtenu par l'héroïsme et pas par les fatwas. Le pire est d'entendre un homme qui vit dans le pays de nos malheurs depuis deux décennies, dire que les Algériens feront face à tous ceux qui les guettent et seront au rendez-vous pour défendre leur pays à travers une participation massive». Ceux qui nous guettent, on les connait : ils se fabriquent dans le pays où vit Cheikh Aboubakr Djaber Djazaïri. C'est là qu'ils apprennent, par TV ou par école, que la femme est un tort de la création et une impureté de la vie, que la démocratie est une fitna, que le respect de la vie vaut moins que le souci de la mort, que le martyr permet de tuer et que la tolérance est une ruse de guerre bédouine. C'est de ce pays que viennent les décennies noires, les djihadistes, les intolérants et les malades qui discutent sur comment s'allaiter entre collègues ou avoir des rapports avec des épouses mortes ou comment épouser des fillettes de 12 ans. Ceux qui nous «guettent» on les connait Monsieur le Cheikh Aboubakr Djaber Djazaïri. On n'a pas besoin d'eux, ni de leur avis, ni de leur encouragement. Continuez dans votre pays à servir vos rois : le nom d'El Dazairi, il faut le vivre pour le mériter et les 36 millions d'Algériens le méritent plus que vous.

Un jour, un Algérien a dit à un imam algérien «quand j'écoute le cheikh X d'Arabie Saoudite, il me donne envie de pleurer de crainte de Dieu». Que lui a répondu l'imam algérien ? «Donnez moi son salaire et je vous ferai danser». Il suffit donc de remplacer le mot «danser» par le mot «voter».